Beau témoignage de Katia Nadaud-Moreau,

Cadre de santé au Service de réanimation de l’hôpital Ambroise Paré

” Il y a un an le responsable des « blouses vertes » (Vmeh-92) nous a proposé de faire un test.
L’expérience est très positive; il a su se rendre visible auprès des personnels et donc des patients.
Il a su prendre en compte la spécificité des patients souvent très affaiblis et anxieux.
Tous les jeudis, c’est avec plaisir que nous le voyons arriver toujours avec le sourire et l’attitude positive.
Il nous permet de prendre du recul face à notre pratique et se fait relais de la parole des patients et des familles.
Il est aussi représentant des usagers et participe avec nous aux évaluations « patient traceur ».
Il est aussi un relais de nos besoins auprès de la direction afin d’améliorer la prise en charge des personnes hospitalisées.
Ce qui pouvait au départ inquiéter car pouvant être vue comme une intrusion dans notre cercle est devenu une force.”

Donner, Echanger, Partager

Une bénévole VMEH témoigne :
“Tout d’abord, un court moment de recueillement et de concentration m’est nécessaire pour me préparer au meilleur accompagnement par l’écoute et dans la compassion.
En premier lieu, écouter avec humilité, être attentive avec bienveillance, avec empathie à la souffrance de l’autre, comprendre, savoir se taire, partager un moment de silence dans la douceur et la sérénité.
En même temps, l’accompagner avec compassion. (En latin, « cum patior » signifie je souffre avec) – je partage la souffrance de l’autre. Pour moi, chaque rencontre dans la justesse et le véritable « être » de l’autre introduit la notion de beauté de l’âme. Il n’y a plus de gênes, de faux semblants. L’être est là, dans sa vérité, son essence.
Notre échange est un partage dans la confiance et chacun en ressort enrichi par un ressenti d’amour et de joie, à travers un visage qui s’éclaire, un sourire qui s’ébauche, une poignée de main dans la tendresse ou simplement le silence, un silence non pas vide mais riche de sens. Un partage d’amour inconditionnel …”
« C’est le fini qui souffre, l’infini repose dans un calme souriant. » (Omraam Mickhaêl Aivanhov – Maitre spirituel bulgare)

Expérience de Pierre Belleval

Le PATIENT, cet être :

  • En position horizontale, ce monde inhabituel et stressant où tout apparaît/disparaît : les lumières, les personnes, ….un univers étroit, sans aucune profondeur,
  • En dialogue avec sa souffrance, dans une grande solitude, en dialogue avec son plafond,
  • Dans la prison intérieure de son fort intérieur,
  • En position horizontale, ce monde inhabituel et stressant où tout apparaît/disparaît : les lumières, les personnes, ….un univers étroit, sans aucune profondeur,
  • En dialogue avec sa souffrance, dans une grande solitude, en dialogue avec son plafond,
  • Dans la prison intérieure de son fort intérieur,
  • En attente permanente d’une information minimale pour comprendre,
  • Balloté entre les mains de différents corps de mêtier qui ne parlent pas, ne se parlent pas,
  • Dans un environnement parfaitement impersonnel, anonyme,
  • Avec des aides-soignantes qui viennent ou ne viennent pas quand on appelle en urgence avec cette sacrée sonnette qui ne sert à rien …et qui arrivent toujours en retard ; on est touché dans sa dignité …
  • En quête presque en imploration d’un sourire, d’une complicité bienveillante,
  • En état de vulnérabilité et de solitude qui deviennent vite insupportables,
  • En choc émotionnel, avec un arrêt dans sa vie qui interrompt brutalement cette inconscience dans laquelle on vit en permanence sans se soucier du lendemain,
  • Essayant de se raccrocher à toute bouée bienveillante,
  • En fait, dans une situation de point d’arrêt brutal à laquelle on ne désire pas être confronté , que l’on rejette …

Et puis … L’ARRIVEE  d’un BENEVOLE,  d’un ETRE HUMAIN qui parle…enfin … le LANGAGE des HUMAINS ….